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RÉSUSCITÉ Source: NME, 6 avril 2002 Auteur: Jason Fox Un ouragan de grossièretés, un raz-de-marée de bile et un énorme missile régurgité à la face du rock “soft”. Liam Gallagher est de retour, exclusivement dans NME. Ressortez les packs de bière et dépoussiérez vos parkas: Oasis sont de retour. L’attente a été longue. Ca doit bien faire 18 mois que leur dernière campagne a été lancée, pour ce single vite oublié, au titre révélateur: “Sunday morning call”; mais 2002 voit le groupe revigoré et de nouveau au meilleur de leur forme belliqueuse. Ce n’est plus l’Oasis au coke-rock gonflé de l’époque “Be here now” (numéro 1 en Amérique, bien qu’on en parle comme d’un flop) ni le patchwork hasardeux de “SOTSOG” (numéro 54 en Amérique, bien qu’on n’en parle pas du tout), mais un Nouvel Oasis reluisant et aérodynamique, prêt à arracher le Britrock à l’esclavage et commencer un genre de renaissance du rock’n’roll jamais vu depuis, euh... Oasis. C’est ça. Vous allez me dire, on connaît la chanson, n’est-ce pas? Et bien, regardez le clip produit par le vétéran du génie vidéo Wiz pour le nouveau single “The Hindu times”. Disparus, les chemises fleuries qui flottent au vent et les visuels psychédéliques à deux sous! Ici, le groupe arbore un attirail de vestes en cuir noir, jouent de leurs intruments dans un environnement monochrome fantasmatique sous le regard de prêtresses SM armées de pistolets, et où clignotent des néons formant les mots “pilules” et “bombes”, et le groupe sirotent des bouteilles de lait. Pfou! C’est “Oasis Mécanique”. “21st Century Son”. Pas étonnant que Wiz décrive le clip comme “le clip que chaque fan d’Oasis voudrait voir.” Tout ceci associé au meilleur riff-qui-vrille-le-crâne qu’ils aient produit depuis “Morning Glory”. Et encore, je ne vous ai pas encore parlé des paroles. Cette chanson— au cas où vous viendriez juste de débarquer de la planète Mars— a un refrain qui fait: “Dieu m’a donné une âme/ Pour le rock’n’roll”. Le genre de chose que Kiss chanterait, mais au moins on ne les verrait pas rougir sous la couche de maquillage. Oasis, ils s’en foutent. Ne faites pas attention à ce qu’on vient de vous dire. Allumez la radio. Vous voyez c’que j’veux dire? (en anglais: D’you know what I mean?-ndlR) William John Paul Gallagher voit tout-à-fait ce que je veux dire. Aujourd’hui, nous le retrouvons dans un bar à la lumière tamisée, à une minute de marche de Marylebone, où se trouvent les bureaux du groupe, et tout en lui est en place. Les yeux mi-clos au regard vitreux? Paré. La tornade de tics électriques et l’allure du parfait Mancunien des rues? Paré. Les désormais éternelles lunettes de soleil accrochées sous la tignasse pseudo-Mod connue des coiffeurs sous le nom de “coupe à la Liam”? Paré. Et, sans oublier, la voix papier-de-verre-au-réglisse... «Ce putain d’alcool commence à me faire de drôles d’effets secondaires!» s’exclame-t-il soudain, en se catapultant hors de son fauteuil dans un tourbillon cuir-et-Burberry pour justifier son propos. «Je bois comme un dieu mais j’arrête pas de dégueuler ces derniers temps. Je suis allé chez Richard Ashcroft l’autre jour. Et à peine arrivé, dix minutes après avoir commencé à boire, j’ai dû lui dire “Pousse-toi!” et puis j’ai fait (mime une spectaculaire remontée de vomi) Bleeeeeeeeeeuuuuurgh!!!! Je lui ai tout dégeulé dessus!» Ses collègues Alan White et Andy Bell, assis près de lui et arborant la même gueule de bois, se tordent de rire. Ils sont peut-être en présence, ne l’oublions pas, du plus grand chanteur que l’Angleterre ait produit ces 20 dernières années, millionaire à 23 ans et représentant d’un groupe qui a vendu plus de 34 millions en une carrière chaotique de 10 ans, mais là, il est juste, vous voyez, Liam, quoi. «On sort beaucoup en groupe en ce moment et c’est génial.» s’enthousiasme-t-il. «Et même si je ne faisais pas partie d’un groupe je le ferais quand même. Peut-être même pire, parce qu’il n’y aurait aucun connard qui m’attendrait à la sortie pour me prendre en photo et la mettre dans les journaux le lendemain matin.» Il s’autorise un sourire. Le règne des Lads est peut-être révolu, mais apparement le pub n’est pas près de fermer. Et Liam n’est pas qu’un ami du proprio, il EST le proprio. Cela fait trois nuits d’affilée que le trio est de sortie, et étant donné que l’on est mercredi après-midi, il est inutile de s’arrêter en si bon chemin. Ayant déjà rencontré Ian Brown cette semaine («Il est colossal, mec, mais c’est un putain de malade!») ce soir les hôtes d’Oasis seront Travis.
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